Définition du Heavy Metal

Le chevalier arrive sur une Harley Davidson, tue le dragon, boit quelques bières et baise la princesse.

(http://www.the-asw.com/2006/10/08/le-chevalier-la-princesse-le-dragon-et-le-metal/)

 

 

Heavy Metal Princess

 

    Le moteur de la moto rugissait dans la nuit. Le vent fouettait son visage et faisait flotter ses longs cheveux derrière lui.

    Il avait entendu parler d'une princesse retenue prisonnière par un dragon dans une tour non loin d'ici. Il n'en fallait pas plus pour qu'il parte la délivrer. Après tout, c'était normal lorsqu'on était chevalier. Et puis les rumeurs disaient que c'était un bon coup. Du moins, si elle ne se transformait pas en ogresse la nuit venue, comme c'était arrivé à un de ses malheureux confrères. Il avait donc tranquillement terminé sa bière, chargé son album préféré d'Iron Maiden dans son lecteur MP3 et avait enfourché son Harley.
    Enfin la tour se profila à l'horizon, lugubre silhouette dans la nuit noire. Pas de dragon en vue dans le ciel, c'était bon signe. Il arrêta son lourd engin à quelques centaines de mètres de la tour (on n'était jamais trop prudent, des fois qu'une boule de feu perdue vienne égratigner la tête de mort peinte sur le réservoir) et rajusta tranquillement son blouson en cuir avant d'avancer d'un pas tranquille vers la tour.

    Il venait d'arriver devant la porte quand il entendit un rugissement sourd s'élever dans la nuit. Bon. Pas besoin de frapper, on était averti de sa visite. Il ouvrit la porte et pénétra dans un lugubre hall. La porte se referma toute seule en grinçant et il se retrouva dans le noir. Oh, pas longtemps. Les torches placées tout autour de la pièce s'allumèrent d'elles-mêmes, baignant les lieux dans une clarté tremblotante. Et se reflétant dans les écailles luisantes d'un Grand Ver. OK, il était déjà là. La bête ne perdit pas de temps en palabres inutiles ou en présentation et fonça droit sur lui, détendant brusquement son long cou et ouvrant large sa gueule béante pleine de dents tranchantes comme des rasoirs que même Gilette ils en font pas des aussi bien.
    Tellement classique. Le chevalier sauta lestement sur le côté, et d'un bond gracieux se retrouva à califourchon sur le cou du monstre. Ça ne lui plut pas spécialement, et il commença à se débattre dans tous les sens en cherchant à désarçonner son occupant indésirable. Mais notre héros tenait bon, et, serrant la bête entre ses jambes puissantes, il cherchait dans la poche intérieure de son blouson de quoi attaquer le lourd blindage écailleux. Un vieux magazine de Playboy ? Non, à moins qu'il n'y ait une dragonne à poil en poster central. Un couteau Suisse ? Nan. Un canard en plastique qui fait "coin" quand on appuie dessus ?! Qu'est-ce que ça foutait là, ce truc ?! Ah ! Enfin ! Il tira de sa poche un ouvre-boîte en titane renforcé et commença à attaquer la base de la tête du dragon. Ce dernier hurla de douleur et se redressa brusquement, écrasant le chevalier contre le plafond. Le choc le fit tomber mais il se rétablit souplement au sol et se releva en renvoyant ses cheveux en arrière d'un habile mouvement pour ne pas les laisser devant ses yeux. Évidemment, ça ne pouvait pas être aussi facile.
    Le dragon décida qu'il n'était plus temps de s'amuser. Il se redressa fièrement et se racla la gorge bruyamment plusieurs fois. Il lui préparait un de ces mollards enflammés dont il avait le secret, un truc qui avait déjà réduit en cendre plus d'un chevalier en armure étincelante. La bête fit feu. Mais justement, ce chevalier-ci n'avait pas d'armure étincelante, et était du coup bien moins empêtré dans ses mouvements grâce à son Jean troué qui lui procurait l'aérodynamique nécessaire à une roulade de côté qui lui permit d'éviter le projectile incandescent. Le héros se releva encore une fois sans dommage et s'épousseta. Avant de pousser un cri de rage. Un brandon enflammé avait fait un trou dans son T-shirt de Black Sabbath ! ÇA, c'était impardonnable ! Il était furax maintenant ! Ça allait chier des bulles carrées ! Il se rua droit vers la bête. Le dragon se rua droit vers lui, gueule ouverte. Avec un peu de chance, le chevalier aurait tellement d'élan qu'il finirait droit au fond de son gosier avant d'avoir eu le temps de s'arrêter.
    Mais encore une fois, ce n'était pas un chevalier ordinaire auquel il avait affaire. Il avait des santiags anti-dérapantes. Il freina donc habillement à quelques centimètres de la gueule et sauta sur les dents du devant. Dans le même geste, il sortit une gigantesque épée à deux mains de sa poche et la cala dans la gueule du monstre. Incapable de la refermer sans se trouer le palais, l'ignoble créature en resta comme deux ronds de flan. Il n'en fallut pas moins au brave chevalier pour dégainer un fusil à pompe à canon scié de sous son blouson. Tranquillement, il ajusta la luette qui palpitait au fond de la gueule et fit feu. Le dragon hurla de douleur et referma la gueule par réflexe, avalant la grande épée du même coup et la plantant droit dans sa cervelle. Il s'écroula, mort, aux pieds du chevalier.

    Une bonne chose de faite, pensa-t-il en décapsulant une bière. Il escalada le monstre et repéra un étroit escalier qui semblait monter vers les sommets de la tour. L'ascension fut longue, très longue, et il dut se rafraîchir à l'aide d'autres bières avant d'arriver en haut. Il tomba nez à nez avec une porte fermée qu'il défonça d'un coup de 'tiag bien placé. La pièce ne contenait qu'un lit, avec une princesse plutôt bien roulée allongée dessus, simplement vêtue d'une nuisette transparente.

    Parfait ! fit le chevalier en refermant la porte.

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