Voyages dans le passé

 

    Le monde a changé. Oh, pas en mal. Pas forcément. Du moins, ça dépend du point de vue. Mais il a changé. Et à cause de ce changement, je vais mourir. Pourtant, je suis encore jeune. Je n'ai pas commis de crime. Je ne suis pas malade. Ou seulement malade d'amour. Et pour cette raison, je vais mourir. Mais autant commencer par le commencement.
    Et ce commencement remonte à mon grand-père. Il est venu au monde en même temps qu'une invention qui allait changer la face du monde. L'Homme en rêvait depuis longtemps, c'était maintenant possible : on pouvait voyager dans le Temps ! Enfin, pas tout à fait, évidemment. Les vieux paradoxes avaient la peau dure : « si je tue mon grand-père, je ne peux pas naître donc je ne peux pas tuer mon grand-père donc je nais donc je le tue, etc... » et autres « si le voyage dans le Temps était possible, on serait envahi de visiteurs du futur ! ». En fait, c'était beaucoup plus simple que cela : pour commencer, on ne peut remonter que dans le passé, car le futur n'est pas encore écrit. Logique, bien que certains s'y refusent car pour eux, « le Destin de chacun est déjà écrit ». Autre limitation, on ne peut que regarder. Comme un film qu'on rembobinerait jusqu'au passage voulu. Comment ça marche ? Je n'en sais rien, c'est trop compliqué pour moi. Je sais juste que ça concerne le fait de regarder la lumière (qui véhicule les images) à partir d'un certain point pour voir ce qui se passait à ce moment-là, mais le reste, c'est du chinois pour moi. Et évidemment, les personnes de la scène passée n'ont aucune idée qu'on est présent. Et, ne pouvant pas interférer, nous ne pouvons pas modifier les événements. Avec le temps, les appareils se sont perfectionnés, et il est maintenant possible de se retrouver projeté au milieu d'une scène recrée virtuellement tout autour de nous.

    Au temps de mon grand-père donc, ça a complètement bouleversé la donne. Au début uniquement réservé aux scientifiques, les voyages dans le passé ont permis de résoudre quelques-unes des plus grandes affaires jamais élucidée de cette époque. Les assassinats de grandes personnalités, des accidents ou des disparitions louches, évidemment on a enfin pu savoir ce qui c'était réellement passé et qui avait commandité quoi. Les coupables ont été bouclés dès que les lois de la majorité des pays civilisés se sont adaptés à ces nouvelles « preuves indiscutables ».
    Révolution aussi pour les historiens, qui ont pu à loisir aller confirmer ou infirmer leurs théories et ainsi relater les faits authentiques. Ce fut un véritable miracle de pouvoir ainsi retrouver des textes originaux aujourd'hui disparus ou détruits. Je ne sais pas combien de personnes ont été affectées dans la Grande Bibliothèque d'Alexandrie, mais le fait est que nous avons aujourd'hui pu reconstituer l'intégralité des écrits qui s'y trouvaient avant son désastreux incendie. Il a suffit de se pencher par dessus l'épaule des scribes, tout simplement. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
    Par contre, les religieux ne doivent pas avoir les mêmes qualificatifs que les autres pour ces engins. Une fois qu'il a été possible de vérifier les croyances, la plupart des grandes religions se sont écroulées d'elles-mêmes. Les faits, rien que les faits. Et des milliards de personnes qui n'avaient plus rien à croire, plus rien à quoi se raccrocher. Grande vague de dépressions et de suicides, à l'époque. Mais certaines ont réussi à rebondir. On a remplacé les images divines par des sages et des philosophes, qui sont devenus les nouvelles icônes. Les gens ont toujours besoin de croire en quelque chose.
    La technologie se démocratisant, de plus en plus de monde a pu avoir accès à ces machines merveilleuses. Et le chaos a commencé. Après que quelques journalistes aient pu à loisir fouiller dans le passé des hommes politiques, tout s'est effondré. Les magouilles mises à jour les unes après les autres, la majorité des gouvernements du monde sont tombés. Plus personne n'avait confiance en personne. Et évidemment, il n'y avait personne de suffisamment clair pour reprendre les rennes des pays en proie en l'anarchie. Ça a duré de nombreuses années, jusqu'à ce que mon père soit adolescent en fait. Une nouvelle génération de meneurs a vu le jour, et, étant encore trop jeunes pour avoir pu tremper dans quoi que ce soit, et surtout, ayant prit conscience suffisamment tôt que ce n'était nullement dans leur intérêt car tout finirait par être découvert, le monde a vu émerger sa génération dirigeante la plus jeune jamais vue (environ 30 ans de moyenne d'âge pour les chefs d'état, encore moins pour les ministres et autres élus locaux). Tout est peu à peu rentré dans l'ordre en quelques années.
    Et quelle aubaine pour les forces de police ! Plus besoin de longues enquêtes pour faire la lumière sur un crime, un vol, un accident, etc... Il suffisait simplement de se « rendre sur place ». Là encore, les coupables sont tombés comme des dominos. On a dû construire de nouvelles prisons dans l'urgence et les effectifs de toutes les polices du monde ont quadruplé pour faire face à la demande. Au bout de quelques années, le taux de criminalité a drastiquement chuté jusqu'à atteindre pratiquement le 0. Oh, certes, il y en a toujours. On ne peut rien contre les crimes passionnels et les coups de folie passagère. Mais le terme « homicide volontaire » a quasiment disparu du vocabulaire juridique car plus personne ne prend le risque d'éliminer quelqu'un. Ou de faire éliminer quelqu'un, car ça aussi, ça se sait maintenant. Le monde est entré progressivement dans une période où le respect de la loi est primordial et où le moindre écart se trouve sanctionné. En contrepartie, et pour ne pas voir la moitié de la population mondiale derrière les barreaux, les peines se sont assouplies et les passages en cellules sont devenus moins longs. Et les gens approuvent ça. Des états policiers tels que les vieux dirigeants du 20ème siècle n'avaient jamais osé le rêver, et avec la bénédiction du peuple ! Alors c'est vrai, c'est plus agréable de vivre dans une société où l'on se sait en sécurité. En contrepartie et dès notre plus jeune âge, chacun de nos gestes doit être mûrement réfléchit et il faut penser aux conséquences de tout. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit, parce que moi, qui suit né à cette époque et ait baigné dans ce climat dès mon enfance, ça me paraît tout à fait normal. On n'a rien sans rien, et au moins on peut laisser les enfants sortir le soir sans craindre de ne pas les voir rentrer. C'est bien, la loi stricte. Ou du moins c'est ce que je pensais jusqu'à il y a encore quelques mois.

    Mais que je revienne un peu sur ma vie. Comme je le disais, j'ai grandi dans ce nouveau climat alors que le 21ème siècle était déjà bien entamé. Je n'ai rien de spécial à dire sur mon enfance qui s'est déroulée normalement, ni sur mon adolescence. C'est à cette époque que les machines à visionner le passé sont arrivés jusqu'au grand public. Tout le monde peut maintenant à loisir aller voir un bout du passé comme on va voir un film au cinéma. Alors on en abuse. On va vérifier si c'est bien le voisin qui a laissé son chien faire ses besoins dans notre allée. Les infidélités conjugales ont la vie courte. Et, comme il n'y a pas de limite et que tout est accessible (c'était le principal cheval de bataille de nos nouveaux politiciens, surtout ne rien cacher), on peut s'introduire à loisir dans la chambre à coucher de n'importe qui (célèbre ou non) et assister à tout ce qui s'y passe. Le voyeurisme est à la mode, en ce moment, au point que beaucoup de gens ne font plus l'amour que sous les couvertures.
    Et, en parlant d'amour, dans ma jeunesse donc, j'ai rencontré une fille. Une chouette fille. Pas un canon de beauté, mais elle était la plus belle à mes yeux. Nous nous sommes fréquentés quelques temps, puis nous nous sommes liés par un Contrat de Vie Commune. Le mariage n'existe pratiquement plus de nos jours, la seule personne mariée que j'ai jamais connu était mon grand-père, même mes parents ne l'étaient pas. Bah, de toutes façons c'est la même chose, il n'y a que le nom qui change, et ça n'empêche personne d'appeler son « partenaire de vie » son mari ou sa femme. J'avais trouvé l'amour, donc, et tout allait bien dans le meilleur des mondes, même si nous nous disputions de temps en temps, comme tout le monde quoi. D'un commun accord, nous n'avons pas eu d'enfant. Avec les problèmes climatiques actuels et la surpopulation qui commence à poser des réels problèmes, nous n'avons pas voulu nous engager là-dedans.
    C'était parfait, pendant des années et des années. Avec des hauts et des bas, comme je le disais, mais globalement, ça allait. Et un jour, en sortant du boulot, je me suis arrêté prendre un verre dans un bar avec des collègues. Sans alcool évidemment, parce que c'est interdit en dehors de chez soit maintenant. Impossible de sortir dans la rue avec ne serait-ce que quelques gouttes d'alcool dans le sang. Bref, ça ne m'arrivait pas souvent, mais j'avais eu une grosse journée et toute l'équipe avait décidé d'un commun accord qu'il fallait décompresser. Pourtant, je ne me rappelle de rien de ce qu'on put dire mes collègues ce soir-là car j'ai passé tout ce temps au comptoir à discuter avec la serveuse. Pas un canon de beauté non plus, de toutes façons je ne me focalise pas sur le physique, mais le courant est passé dès le début. De fil en aiguilles nous nous sommes découverts pas mal de points communs, et je repassais de temps à autre le soir en sortant du bureau pour boire un verre et surtout discuter avec elle. Nous sommes rapidement devenus amis et avons commencé à nous rendre quelques services mutuels et organiser quelques sorties ensemble autour de nos activités communes. Bien sûr, je n'en ai rien caché à ma femme, de toutes façons, comme je le disais, on ne peut plus rien cacher de nos jours. Et dans un premier temps, ça se passait bien. Mais peu à peu elle a commencé à prendre ombrage de celle qu'elle considérait comme une intruse et un danger pour notre couple. Nous nous sommes mis à nous disputer de plus en plus souvent à son propos. Je ne la comprenais pas, car comme je le lui répétais souvent, ce n'était qu'une amie, et nous avions d'autres amies, dont certaines étaient nettement plus jolies. Mais, rien à faire, elle supportait de moins en moins que j'aille la voir.
    Peut-être avait-elle entrevue ce que moi je n'avais pas encore remarqué : j'étais en fait bel et bien tombé amoureux. J'ai mis de longs mois à m'en rendre vraiment compte. Et ensuite j'ai essayé de l'ignorer, me disant que ce n'était que mon imagination, et que de toutes façons, j'étais déjà comblé. Parce que le problème était là : j'aimais toujours ma femme ! Et, alors que de nouveaux mois s'allongeaient, je plongeais lentement dans une spirale infernale. Mon coeur était coupé en deux. J'aimais deux femmes en même temps, pas pour les mêmes raisons, mais d'une manière égale.

    Dès lors, je faisais extrêmement attention à mes paroles lorsque j'étais avec mon amie. Je n'ignorais pas que ma femme, s'enfonçant toujours plus loin dans sa jalousie, surveillait la moindre de mes sorties avec elle via notre machine à visionner le passé. Et, paradoxalement, ce fut ce qui nous fit le plus de mal : elle nota mon changement d'attitude, et tandis que je me montrais plus prévenant avec elle et un peu plus distant avec l'autre, elle m'accusa violemment de la tromper, non pas physiquement mais moralement. Nous avons eu une terrible dispute et elle est partie de la maison en claquant la porte. J'ai passé la nuit à réfléchir, mais j'ai dû me rendre à l'évidence : je ne voyais pas de solution à ma situation. Quoiqu'il en soit, et comme je l'ai déjà dit, j'aime toujours ma femme, malgré notre dispute, malgré les moments difficiles, et je comprend tout à fait sa réaction. Mais j'aime aussi ma serveuse, et j'ai deviné au fond de moi que depuis quelques temps, c'est réciproque. La situation ne va malheureusement pas aller en s'arrangeant.
    J'ai donc décidé de prendre les choses en main. Il fallait que je parle, que je dise ce que j'avais sur le coeur. J'ai été trouvé ma femme chez une amie qui l'avait accueillie et j'ai mis les choses au point. J'ai dis tout ce j'avais à dire. Une catastrophe. Après une crise de larme, elle m'a jeté un vase à la tête et s'est enfuie en courant. Complètement dépité, j'ai été trouver mon amie et lui ai une nouvelle fois tout déballé. C'est là qu'elle m'a enfin avoué ce que j'avais deviné, et que ses sentiments à mon égard étaient les mêmes que les miens. Et c'est là que tout a basculé. Nous nous sommes embrassés. L'erreur a ne surtout pas commettre. Ma femme avait désormais une preuve de mon infidélité, et c'était certain qu'elle allait me le faire payer chèrement.
    Je ne me trompais pas. Moins d'une demi-heure plus tard, la police débarquait dans le bar et me passait les menottes. Elle avait dû suivre tous mes faits et gestes dès qu'elle m'avait quitté, pour que ce soit si rapide. Je passais quelques jours en cellule, la peine standard pour un simple baiser. Rien de bien grave en soit, mais ce fut quand même une expérience traumatisante. Les écarts à la légalité étaient maintenant si réprimés dans notre société actuelle que je savais que mon dossier serait marqué à l'encre rouge pour le reste de ma vie. Je rentrais chez moi en tremblant, m'attendant à affronter une nouvelle dispute qui finirait pas une déclaration de ma femme me disant qu'elle me quittait. Mais il n'en fut rien. Ce fut pire. Elle m'annonça qu'il était hors de question que nous nous séparions et qu'elle m'interdisait de jamais revoir ma serveuse, sans quoi je serais accusé de récidive et la sanction serait cette fois plus lourde. En outre, elle voulait maintenant un enfant. Selon elle, c'était sa fibre maternelle qui la titillait depuis quelques années déjà qui venait de passer outre ses principes et ses idées passées. Mais je savais qu'elle voulait juste un prétexte pour me lier à elle définitivement. En effet, un enfant dans un couple est pire qu'une chaîne. La moindre infidélité de la part de personnes ayant un enfant est considéré comme un crime majeur, et elle savait parfaitement que je ne risquerais pas une telle sanction.
    Je pris donc sur moi, et pendant quelques mois j'affichais un visage de circonstance toute la journée. Mais chaque fois que je me retrouvais seul, je ne pouvais m'empêcher de pleurer. Je sombrais peu à peu dans une profonde mélancolie. Et, un jour, alors que je sortais du bureau en traînant les pieds (je venais d'être rétrogradé pour absence de résultats dans mon travail), elle était là. Elle m'attendait. Ma serveuse. Dès que j'ai croisé son regard, quelque chose s'est passé. Nous nous sommes jetés dans les bras l'un de l'autre et nous nous sommes embrassés fougueusement. Devant tout le monde. Plus rien ne nous importait. Mais nous étions conscient de ce que cela signifiait. Très bientôt, la police débarquerait à nouveau et nous arrêterait tous les deux.

    Alors nous avons fuit. Nous sommes montés dans sa voiture et nous sommes partis, sans but, toujours tout droit, très loin. Ce n'était qu'un répit face à l'inéluctable, mais nous comptions bien profiter de ce répit autant que nous le pourrions. Nous ne nous sommes pas lâché la main tout le temps que nous étions en voiture. Nous n'avons pas beaucoup parlé. Ce n'était plus nécessaire, tout était dit. Nous avons continué comme ça pendant près de 12h, sans nous arrêter. Jusqu'au moment où les batteries de la voiture ont commencé à perdre de leur puissance. Nous nous sommes alors arrêtés en haut d'une falaise et nous avons regardé le coucher de soleil sur la mer dans les bras l'un de l'autre. Un instant magique. Un instant que nous aurions aimé prolongé indéfiniment. Mais c'était sans espoir. Il ne restait assez d'énergie à la voiture que pour faire quelques kilomètres, et le soleil ne pourrait pas la recharger avant le matin. La police serait là bien avant.
    Tous les véhicules ont une puce de localisation, maintenant. On sait où tout le monde se trouve à tout instant. Nous avons aussi une puce du même genre sous la peau. Sécurité maximale, aucun écart aux règles. Mais que peuvent les règles face aux élans du coeur ? Ça ne se commande pas ! On ne peut pas forcer son coeur à ne pas aimer ! Peut-être que si je l'avais rencontré, elle, avant de connaître ma femme, tout aurait été différent ? Ou bien, en vivant avec elle, n'aurions-nous pas fini par connaître la même situation si j'avais rencontré ma femme, après ? Car je l'aime toujours !
    Notre décision est prise. Nous ne pourrons pas supporter d'être séparés. Alors, quand la police arrivera, je n'aurais qu'à appuyer sur l'accélérateur et nous plongerons du haut de la falaise. J'ai vaguement entendu parler d'un certain Roméo et d'une Juliette qui auraient connu un destin similaire, mais je ne connais pas l'histoire. Ça remonte à près de cinq siècles, maintenant ! Par contre mon grand-père m'a montré une fois un vieux film qui était déjà vieux à son époque. Il racontait l'histoire de deux femmes parties ensemble pour un périple qui se terminait en haut d'une falaise également. Thelma et Louise, qu'elles s'appelaient je crois. J'avais bien aimé cette histoire. Peut-être que c'était ça, qui, inconsciemment, m'avait conduit ici.
    Ça y est, j'entends les sirènes maintenant. Je crois voir les lueurs des gyrophares dans le moniteur arrière. Il va être temps. Pourquoi est-ce que j'ai écrit tout ça, puisque de toutes façons ça va disparaître avec moi ? Aucune importance. Je sais que ma femme pourra le lire tout de même avec notre machine à visionner le passé. Et j'espère qu'elle comprendra que je l'ai toujours aimé et que je lui pardonne tout.
    Voilà, ils sont là. Il y a des armes braquées sur nous. Ils nous crient de sortir de la voiture les mains en l'air. Nos regards se croisent une dernière fois. Muette compréhension. Je lui serre fortement la main et j'écrase l'accélérateur. La voiture bondit en avant sous les cris des policiers qui ne s'attendaient pas à ça. Le bord se précipite vers nous. Mon module de communication (on devait appeler ça un « téléphone », du temps de mon grand-père) fait entendre sa mélodie. Machinalement, je vois que c'est ma femme qui tente de me joindre. Mais il est trop tard. Nous sommes trop près, et même si je freinais de toutes mes forces, nous n'arrêterions pas à temps.

    La voiture détruit la maigre barrière de sécurité et plonge dans le vide. Mon module de communication accepte l'appel de force, elle a dû utiliser le code d'urgence. Je vois le sol qui se précipite vers nous. Et, juste avant que ce soit fini, je perçois, comme dans un rêve, ces simples mots : « je suis enceinte ».

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